Ce n'est pas un choix, c'est sûr.
Je vais être assez violent mais arrêtez de mettre Dieu dans tout cela. Dieu par-ci, Dieu par-là. Que Dieu reste en chacun de nous. La religion est quelque chose de personnelle. A chaque fois qu'on a associé la religion à la société, cela n'a apporté que des catastrophes.
Je reviens à la question de départ: être homosexuel n'est pas un choix. Si c'était le cas, il n'y en aurait pas. On demande aux homosexuels d'assumer. Mais assumer quoi? Ce qu'on n'a pas choisi? Je dirai plutôt d'accepter.
Arrêtons de dire que c'est contre nature, contre la volonté de Dieu (encore une fois). L'amour n'est pas contre-nature car l'homosexualité comme l'hétérosexualité n'est pas qu'une question de bite dans une bouche, dans la main, dans un vagin ou dans un anus.
Ce n'est pas une maladie, il n'y a pas de remède (les grigris, les prières du soir, les impositions de main et autres infusions de foie de rat d'égouts) ne marche pas car il n'y a RIEN à guérir. Ce n'est pas une épidémie non plus. On ne devient pas homo (déviant selon certains) en fréquentant des homos. Ce n'est pas une recherche d'une perte venant de son fort inconscient latent provenant d'un oedipe mal réalisé de par la forte présence d'une mère autoritaire et de l'absence d'un père. Arrêtez avec vos psychologies à 2 francs. Mes parents ont tous essayé depuis que j'étais petit. Je ne savais même pas qu'on peut devenir autre chose que des hétérosexuels: des cours de voix graves car petit, j'avais une voix féminine; une éducation stricte chez les jésuites (Saint Michel Amparibe); des cours d'arts martiaux pour me viriliser; me séparer de ma cousine parce qu'ils pensaient que cela me féminisait; m'inscrire chez les scouts pour que je sois dans le droit chemin...
J'ai passé 9 ans de ma vie à Saint Michel, je suis fier d'y être passé, d'avoir reçu l'éducation et ses valeurs, d'y avoir rencontré beaucoup d'amis. Mais j'y ai vécu les pires moments de ma vie: les insultes, se faire traiter de "pelaka" à l'âge de 8 ans; ne pas oser sortir pendant les récréations pour ne pas essuyer les imitations vulgaires; ne jamais aller aux toilettes en même temps que les autres car sinon, je me prenais des réflexions horribles du genre pisse assise; les jours où j'avais EPS, je restais toute la journée avec ma tenue de sports pour ne pas avoir à me changer devant les autres. Je me suis mis à détester tout sport collectif pour exceller dans les sports individuels. Et ces années là, c'étaient de la 11ème au 3ème, les années où il n'y avaient que des garçons. C'était censé me viriliser...
Mais c'est dans ce même collège qu'on m'a appris qu'accepter ce qu'on n'a pas choisi, peut être bénéfique, qu'il faut être soi, quoiqu'il en coûte, qu'il est important de se connaître pour connaître les autres.
Ce sont ces valeurs qui m'ont permis de m'accepter aujourd'hui. Je peux le faire aussi parce que je ne suis plus à Madagascar. Contrairement à l'Europe, à Madagascar, l'homosexualité est plus simple à admettre dans les milieux bourgeois que dans les milieux pauvres. Mais cela reste plus que tabou. une honte, un déshonneur, l'exil, la violences dont les viols. Et c'est un cercle vicieux, car la honte amène à ne pas révéler ces violences. J'entends d'ici les réactions du genre c'est une punition divine (Dieu est Amour? et la violence?).
Encore le choix: Il y a des homosexuels qui choisissent de vivre une vie hétérosexuelle parce que c'est ce que la société veut. Ces mêmes personnes vont certains soirs, certaines nuits retrouver d'autres hommes dans un parc, à un coin de rue, assouvir ses "besoins". C'est là où est le danger: beaucoup de ces personnes ne se protègent pas pour diverses raisons (odeurs du latex sur le sexe, lieu miteux alors on fait au plus vite, les pratiques à risques plus dangereux, peur qu'on retrouve des traces de son escapade). Une boîte de nuit qui se veut "ouverte" a ouvert ses portes sur Tana. Mais regardez la clientèle, des jeunes malgaches (prostitués pour la plupart) et des européens (la quarantaine voire plus pour un grand nombre). Voilà l'image de la communauté homosexuelle malgache. Qui veut choisir d'en faire partie?